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Texte paru dans le n°-12 (Le Rêve) voir la couverture de ce numéro On appelle ça le rêve américain Où en est-il ce bon vieux rêve américain si inégalable ? Serait-il toujours possible de faire fortune rien qu'en posant le pied, démuni, sur ce sol soi-disant de toutes les chances ? Ce rêve de faire fortune par diaspora est principalement ciblé vers les USA. Même en Afrique de l'ouest où la France reste une destination miracle, la première place revient aux USA qui prennent une place de plus en plus importante dans l'esprit des jeunes. La télévision (jeux, séries B, talk show) ont un audimat croissant, sur la bande FM la musique noire américaine est prédominante, la nourriture des adolescents de la haute passe obligatoirement par le fast-food. Même coca-cola, si bien implanté partout dans le monde, continue d'étendre sa toile. On peut en trouver maintenant dans les villages éloignés de la Côte d'Ivoire et du Nigeria. L'Amérique fait des émules et les Africains sont de plus en plus à faire partie de cette confrérie de rêveur américanisé. Il faut dire que les investissements en Afrique des USA en l'an 2000 ont dépassé celui de la France qui jusqu'alors détenait la première place. La bourgeoisie Africaine ne rêve plus que d'Harvard pour ses enfants. En devenant la destination par excellence des étudiants africains, les USA attirent à peu de frais un puissant réseau étudiant et le mêle à ses élites. Mais ils ne s'arrêtent pas là. Avez-vous entendu parler de la « Green card » ? Chaque année le département d'état des USA offre l'opportunité à 50 000 personnes à travers une grande loterie mondiale d'immigrer légalement au pays des états-unistes.Bien sûr il n'y a pas de hasard. Sur les dix millions de dossiers déposés, les critères de sélection élaguent rapidement. Il vaut mieux avoir 30 ans, avoir fait des études supérieures plutôt qu'être chômeur et retraité. L'oncle Sam ne s'intéresse qu'aux jeunes ayant du potentiel. Ils sont les plus aptes à assurer la prospérité de la première économie mondiale. Le minimum demandé pour la carte verte est un niveau égal au baccalauréat et être marié pour les couples qui postulent. Ah, aussi... Si vous avez déjà plus de 50 000 compatriotes ressortissants immigrés aux USA durant les cinq années précédentes, vous êtes éliminé. Les sélectionnés reçoivent par courrier leur carte verte. Une fois sur le sol américain, ils peuvent à loisir chercher du travail et un logement en toute légalité. Ils sont néanmoins bien peu nombreux, les chanceux de la carte verte. Les autres, ceux qui arrivent à passer entre les mailles du filet et survivent illégalement, déchantent vite. Le pays de Mickael Jordan, Mickael Jackson ou encore Colin Powell, le pays où les Afro-Américains prennent des places si importantes dans le spectacle ou la politique, n'est pas celui qu'on s'imaginait, car très vite on se confronte au matérialisme et au racisme. À présent, c'est pire. Les USA ont peur, c'est la psychose : ils partent en guerre. Blessés dans leur amour-propre, ils perdent leurs illusions et leurs rêves simplement parce qu'ils sont aveuglés par la haine. Et à ce niveau-là, ils ne valent pas mieux que leurs pires ennemis. La haine n'engendrera que le pire, et à tous les niveaux. Par exemple sur le plan social, le 11 septembre n'a fait que fragiliser davantage la situation. Entre licenciements directs (compagnies aériennes, tourisme, industrie hôtelière ) et les plans de lutte contre le terrorisme, ce sont des milliers de travailleurs qui ont été touché de plein fouet par les retombés. Dans la fonction publique, enfouie à l'intérieur des 35 pages d'un projet de loi pour créer un Département de la Sécurité de la Patrie (DSP), une phrase de 68 mots permet (à l'appréciation du président) de dépouiller les 170 000 nouveaux employés de tous droits d'accords collectifs et services de protection. Les états-uniens vivent avec le rêve américain au-dessus d'eux. Mais même s'ils sont les mieux placés pour être l'élu qui le réalise (en tant que citoyen à part entière) peu d'entre eux gagneront confortablement leur vie. La manie de l'endettement est de mise. Peu importe ce qu'il se passera demain, ils vivent au-dessus de leurs capacités financières avec pour un certain nombre cinq à six cartes de crédit et pas un rond dans les caisses. Tant qu'ils ont leur travail, ils peuvent s'en sortir. Mais sitôt limogés, c'est le drame ; la couverture sociale du rêve américain, c'est faire la manche. Un rêve américain à l'heure actuelle repose sur l'espoir, le travail et souvent, une montagne de dettes. Des dettes qui, au fur et à mesure, s'accroissent et dont la sortie est chaque jour plus problématique. L'endettement est un cercle vicieux et parfois seul le loto peut vous en sortir. C'est pourquoi quand Martin Luther King disait : « J'ai un rêve », je pense qu'on a tous son ou ses rêves américains. Le mien est plus proche du respect entre les hommes et la terre, mère nourricière. Une maxime amérindienne traduit parfaitement ce rêve : La terre ne nous appartient pas ce sont les enfants qui nous prêtent.
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